J'attends, rêveuse, assise sur le rebord du lit, que l'eau s'arrête de couler. J'ai le ventre noué tant par la hâte que le stress. Comment cette soirée va-t-elle se passer ? Je ne veux pas le décevoir et je ne veux pas qu’il me déçoive, je veux être parfaite tout en sachant que je ne peux éviter les imperfections. Ces petits loupés qui me rappellent que nous sommes humains.

L'eau s'arrête de couler. Je l'entends sortir de la douche. Je n'ai qu'une envie c'est de filer vers la salle de bain, regarder son corps, le toucher, me coller à lui alors qu'il est encore humide, l'embrasser, lui prendre la verge avec la main, le masturber doucement pour sentir son érection monter, la sentir se durcir et gonfler peu à peu... mais ce n'est pas le moment, nous n'avons pas le temps.

Je le laisse seul dans la salle de bain, je trépigne. Je l'entends sortir. Je m'empresse de faire semblant de m'occuper à préparer mes sacs comme si j'étais très pressée. Je ne veux pas qu'il me demande pourquoi je n'ai pas enlevé mon trench. Je n'aurais aucune excuse à lui donner. Il arrive dans la chambre pour prendre quelques vêtements.

 « - On a rendez-vous à une heure précise ? Je sais que tu détestes être en retard et là, je te vois te dépêcher.
-  Oui ! On a rendez-vous dans 20 minutes, et tu vois, là, on est déjà à la bourre !
-  Te stresse pas, chérie.
-  Oui mais tu sais comment je suis...
-  Ok, je me dépêche de m'habiller, je me sèche les cheveux et on y va.
-  Je t'aime ! »

Il s'approche de moi, me prend par la taille, m'embrasse dans le cou, prenant soin de ne pas s'affairer sur ma bouche pour ne pas abîmer mon maquillage. Il me sert fortement contre lui, l'étreinte est insupportable. Je n'ai qu'une envie c'est d'enlever mon manteau et de lui sauter dessus. Il passe sa main dans l'ouverture de mon trench, initiative que j'avorte immédiatement en attrapant fermement son poignet.

« - Non, non, non !
- Ah ! Bon... Ok !
- Allez, va t'habiller ! On est en retard !
- Oui. »

Il fouille quelques minutes dans l'armoire, en sort un pantalon et une chemise noirs, un boxer – qui le moulera parfaitement – et une paire de chaussettes. De mon côté, je prends mes deux sacs que j'amène dans l'entrée. Je prends mon téléphone, compose le numéro d'une ligne de taxis parisiens et réserve un taxi pour un délai de vingt minutes.

« - On va loin ?
- Non, non, mais je préfère y aller en taxi, c'est plus simple, déjà qu'on est en retard.
- Tu veux rien me dire ? Ou on va ? Le style de soirée ? Qui on va voir ?
-  Non, mais je sais que ça va te plaire. » Lui réponds-je tout en me dirigeant vers lui pour lui faire un petit baiser sur la bouche. Il sourit et retourne dans la chambre finir de s'habiller. Très peu de temps s'est écoulé depuis son arrivée, mais je n'en peux plus d'attendre. Je trouve le temps long. Je suis très impatiente.

Il est enfin prêt ! Je suis dans l'entrée.
« - On y va ?
- Oui ! Allez hop !
- Attends je prends ton gros sac... mais d'ailleurs qu'est-ce que tu as dans ce sac ? Mais qu'est-ce que tu me réserves ?? »

Je ne réponds pas et souris tout en ouvrant la porte. Il se glisse derrière moi, j'avance de quelques pas pour lui signifier que nous devons absolument nous presser. Il saisit le message sans un mot et se retourne pour fermer la porte à clef. Nous descendons les escaliers, il essaie de me prendre mon gros sac mais je refuse. A l'extérieur, le taxi est là. Il m'ouvre la porte et nous nous engouffrons dans la voiture, je donne l'adresse au taxi. Aucune inquiétude, l'objet de mes fantasmes ne la connaît pas. Je suis collée à lui et m'écarte peu à peu pour me mettre de l'autre côté de la banquette. Il me regarde droit dans les yeux, ne comprenant pas trop mon éloignement. Je vérifie dans le rétroviseur que le conducteur de taxi est concentré sur sa route et non pas sur nous à l'arrière. Il reste silencieux, nous le sommes tous d'ailleurs. Je défais lentement le noeud de ma ceinture et me mets légèrement sur le côté. Il me regarde toujours droit dans les yeux, me sourit, je le regarde d'un air provocateur et malicieux. Je suis dos à la portière, je glisse ma jambe droite légèrement pliée sur la banquette, mouvement qui ouvre mon trench. Il découvre ma tenue, il regarde mes cuisses, mon entre-jambes et mes seins dénudés. Ses yeux sont grand ouverts. Il jette un rapide coup d’œil vers le rétroviseur et revient à mon visage. Il entrouvre la bouche, je glisse mon index devant ma bouche afin de lui faire signe de se taire. Il sourit, glisse une main sur le cuir de la banquette vers ma jambe repliée et je lui signifie par un mouvement de l’index que je refuse tout contact. Il baisse les yeux vers la braguette de son pantalon, regard que je suis attentivement et je découvre une bosse à son entre-jambes. Je suis fière d’avoir provoqué aussi vite son désir. Il me regarde à nouveau droit dans les yeux. Les siens en disent long sur son désir. J’ai envie de lui, là, maintenant, tout de suite. Je sens mon sexe se lubrifier, mais ce n’est pas le moment, il faut couper court à cette envie, maintenir la frustration et la faire monter. Je rabaisse ma jambe vers le sol, boutonne mon trench, serre la ceinture et me rassois correctement. J’essaie de reprendre mes esprits et de ne pas penser à sa verge tendue. Je me rapproche de lui, il me prend la main et je l’embrasse, lui glissant un « je t’aime » à l’oreille.

Je regarde la bosse sous son pantalon et en ris. Il me regarde d’un air faussement désespéré :
« - Tu me cherches aussi ! »

Je ne réponds pas, je me contente juste de sourire. Je lui caresse la cuisse doucement et passe de temps à autre le bout de mes doigts sur sa bosse. Je pose ma tête sur son épaule, il caresse d’une main mon visage, glissant ses doigts dans mes cheveux. J’aime ces moments de tendresse complice. Il glisse sa deuxième main sur la mienne qui erre sur sa cuisse, nos doigts s’entremêlent, nous sommes définitivement connectés. Je ne pense à rien, je me sens bien, flottant sur mon nuage. Je me sens libre.

Le taxi s’arrête devant un immeuble haussmannien. Je descends de mon nuage et commence à stresser un peu. Je sors un billet, de la monnaie et nous descendons du véhicule.

« - On va où ?
-  Chut… »
 
[ A suivre ]